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En 1807 Chateaubriand écrivait dans un article du Mercure :
“Lorsque dans le silence de l’abjection, l’on entend plus retentir que la chaîne de l’esclave et la voix du délateur ; lorsque tout tremble devant le tyran, et qu’il est aussi dangereux d’encourir sa faveur que de mériter sa disgrâce, l’historien paraît, chargé de la vengeance des peuples”. Ces lignes célèbres étaient adressées à Napoléon alors au faîte de sa gloire. Puisque des commentateurs ont risqué une comparaison entre Napoléon et Sarkozy qu’en est-il ? On relève d’abord une ambition à la mesure de l’ego surmendisionné des deux personnages. Et puis l’un a “trahi” les idéaux de la Révolution française alors que l’autre a fait de même à l’égard d’un gaullisme vieillissant et de son mentor Chirac. Quant à la petite taille, souvent relevée, elle ne constitue nullement (pour Sarkozy) un argument ad hominem depuis une fameuse couverture de Paris Match. Mais Napoléon reste pour la postérité “le petit caporal” tandis que Sarkozy prend date pour apparaître, ainsi que l’appellent en privé Chirac et Villepin, comme “le petit merdeux”.

Indépendamment des profils des deux chefs, le sarkozysme n’est pas sans présenter quelque ressemblance avec le bonapartisme. Dans un domaine la comparaison paraît cependant déplacée : celui du soutien apporté par des “intellectuels” ou autres personnalités du monde des spectacles (ou à contrario d’une opposition “à la Chateaubriand”). Force est de constater que tout ce qu’il y a de plus médiocre dans chacune des spécialités (de Glucksmann à Barbelivien, en passant par Doc Gyneco, Clavier et Hallyday) se range derrière la bannière du candidat Sarkozy. Une fois tirée la chaîne, on s’étonne en revanche du silence, de l’indifférence, de la faible mobilisation ou de l’opposition mollassonne de certains “intellectuels” ou “artistes” devant la menace sarkozyste.

Si nous ne voulons pas de Sarkozy pour les raisons exposées dans nos textes de présentation encore faut-il tirer tous les enseignements de cette critique. Il s’agit donc de se doter d’outils théoriques pour développer des formes d’actions appropriées. L’un d’eux, la désobéissance civile, fera l’objet d’un article. On reviendra également sur les limites et les illusions de la démocratie représentative. Le sarkozysme représente une nouveauté dans la mesure où il entend s’inspirer (tout en les synthétisant) des différentes politiques qui, en Grande Bretagne, aux États Unis, en Italie ou en Espagne ont, durant les trente dernières années, voulu soumettre la société aux objectifs les plus immédiats du capitalisme. Il reste à faire le lien entre cette “nouveauté” et les possibilités que nous nous donnons d’y répondre. A suivre...