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Je n'ai rien à me reprocher


Je n’ai rien dit

Quand ils sont venus
Chercher les communistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas communiste
Quand ils sont venus
Chercher les syndicalistes
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus
Chercher les juifs
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas juif.
Quand ils sont venus
Chercher les catholiques
Je n'ai rien dit
Je n'étais pas catholique
Puis ils sont venus me chercher
Et il ne restait plus personne pour protester.

Les chômeurs sont des feignants


Texte d'une chanson de Coluche ( reprise récemment par le groupe "Les Amis d'ta femme" )

Sois fainéant (Conseil à un nourrisson)

1977

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A toi l'enfant qui viens de naître
je dois dire pour être honnête
Que c'est pas en travaillant
Qu'on trouve le bonheur sur Terre
J'en veux l'exemple que mon père
Qui vit l'jour de son enterr'ment
Qu'il était l'plus riche du cim'tière

Soit fainéant sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant
L'avenir t'attend

Plutôt que d'apprendre à l'école
Baise et collectionne les véroles
La méd'cine fait quelques progrès
Tandis qu'à gagner du bagage
Tu n'aboutis qu'au chômage
Où déjà sont entassés
Ceux qu'ont cru en la société

Sois fainéant, sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant
L'avenir t'attend

Moins tu en fais, plus tu l'espères
Plus ta santé déjà précaire
Te libère de ses tourments
Gagner ta vie ne vaut pas l'coup
Attendu que tu l'as déjà
Le boulot y en a pas beaucoup
Faut le laisser à ceux qui aiment ça

Soit fainéant, sois fainéant
Tu vivras content
Sols fainéant, sois fainéant,
L'avenir t'attend

Si jamais tu voles un copain
Tu en auras moins de chagrin
Que si tu n'as pas à manger
Et si t'as la main sur le cœur
N'hésite pas à la couper
Tu entendras moins les moqueurs
Si c'est toi qui les a roulés

Sois fainéant, sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant.
L'avenir t'attend

Si jamais tu voles un couillon
Qui t'envoie tout droit en prison
Dis-toi qu'il est plus mal logé
Car pour payer ta pitance
Tandis que tu f'ras pénitence
Lui qu'est si fier de t'enfermer
Faudra encore qu'il aille bosser

Sois fainéant, sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant,
L'avenir t'attend

Voilà c'était mon héritage
Comme tu vois j'ai fait mes bagages
Je te laisse avec ta môman
Tu perds rien, j'ai pas l'gros lot
Et tant pis mur toi si je triche
Tu s'ras p't'être un enfant d'salaud
Mais tu s'ras pas un fils de riche

Sois fainéant, sois fainéant
Tu vivras content
Sois fainéant, sois fainéant,
L'avenir t'attend

Dehors les immigrés


Moi, j'aime pas les étrangers !
Non!
Parce qu'ils viennent manger le pain des Français !
Oui !
J'aime pas les étrangers !
C'est vrai, c'est comme ça, c'est physique !
Et pourtant, c'est curieux, parce que, comme profession, je suis douanier !
Alors, on devrait être aimable et gentil avec les étrangers qui arrivent! Mais moi, j'aime pas les étrangers! Ils viennent manger le pain des Français!
Et j'suis pas un imbécile!
Puisque je suis douanier!

Je peux écrire ce que je veux sur des papiers, j'aurai jamais tort!
J'ai le bouclier de la Loi!
Parce que je suis douanier!
Je peux porter plainte contre n'importe qui, je suis sûr de gagner en justice!
J'suis pas un imbécile !
Je suis Français !
Oui!
Et je suis fier d'être Français!
Mon nom, c'est Koulakerstersky du côté de ma mère et Piazanobenditti, du côté d'un copain à mon père !

Dans le village où j'habite, on a un étranger. On l'appelle pas par son nom! On dit : « Tiens ! v'là l'étranger qui arrive ! »
Sa femme : « Tiens ! v'là l'étrangère! »
Souvent, j'lui dis: « Fous le camp! Pourquoi qu'tu viens manger le pain des Français ? » Un étranger!...

Une fois, au café, il m'a pris à part. J'ai pas voulu trinquer avec lui, un étranger, dites donc !
Je vais pas me mélanger avec n'importe qui !
Parce que moi, j'suis pas un imbécile: je suis douanier!

Il m'a dit: « Et pourtant, je suis un être humain, comme tous les autres êtres humains, et... »

Évidemment! Qu'est ce qu'il est bête, alors, celui ci!

« J'ai un corps, une âme, comme tout le monde... »

Évidemment!
Comment se fait il qu'il puisse dire des bêtises pareilles!
Enfin, du haut de ma grandeur, je l'ai quand même écouté, cette espèce d'idiot!

« J'ai un corps, une âme... Est ce que vous connaissez une race où une mère aime davantage, ou moins bien, son enfant, qu'une autre race ? Nous sommes tous égaux. »

Et là, j'ai rien compris à ce qu'il a voulu dire...
Et pourtant j'suis pas un imbécile, puisque je suis douanier!

« Fous le camp! Tu viens manger le pain des Français! »

Alors, un jour, il nous a dit: « J'en ai ras le bol! Vous, vos Français, votre pain et pas votre pain... Je m'en vais! »

Alors, il est parti, avec sa femme et ses enfants. Il est monté dans un bateau, il est allé loin au delà des mers.
Et, depuis ce jour là, on ne mange plus de pain...
Il était boulanger!

Fernand RAYNAUD, 1975. Heureux! (Éd. de Table Ronde et Ed. de Provence).

En tôle les voleurs d'auto-radios


Voleur de poules, sous-titré "Une histoire d'enfant". Pour la petite histoire, rappelons que Knobelspiess a passé vingt-six ans en prison. D'où l'importance - pour qui fut privé de jeunesse - de se raconter son enfance.

Et cette certitude que vivre en famille - quelle que soit la misère matérielle - vaut toutes les assistances philanthropiques. Le père a tous les vices : pauvre, alcolo, chapardeur... mais quelle tendresse du fils pour ce père qu'il accompagne dans ses randonnées nocturnes. Car ce père est un héros. C'est là, la beauté de ce roman autobiographique, drôle et tendre.

Tout ce monde - et cette mère, et les frères aussi, et la voisine triste qui écoute des chansons de Piaf - vit dans un bidonville. C'est un autre apprentissage, un de ces merveilleux livres de souvenirs où tout brille d'être neuf et premier. Le père meurt. Les fils encore mineurs prennent sa succession. Ce n'est pas du Zola, mais c'est un récit qui plonge ses racines dans le social. Et grâce au dieu Mercure (roi des voleurs et des acrobates de haut vol), aucun souci de réhabilitation ne vient ternir cette mémoire.

Pas de psychologie radoteuse, Knobelspiess raconte, et il raconte fort bien : la joie... et les blessures. La vindicte, alors, explose en un bref éclair :

« Il y en a qui se contentent de naître, à bon port, sous le soleil. Les exclus, les damnés, flamboient comme ils peuvent...»

L'Identité nationale



Les All'mands étaient chez moi
On m'a dit: "Résigne-toi",
Mais je n'ai pas pu.
Et j'ai repris mon arme.

Personne m'a demandé
D'où je viens et où je vais
Vous qui le savez,
Effacez mon passage.

J'ai changé cent fois de nom
J'ai perdu femme et enfant
Mais j'ai tant d'amis
Et j'ai la France entière

Un vieil homme dans un grenier
Pour la nuit nous a cachés
Les All'mands l'ont pris
Il est mort sans surprise
Hier encore nous étions trois
Il ne reste plus que moi
Et je tourne en rond
Dans la prison des frontières

Le vent passe sur les tombes
Et la liberté viendra
On nous oubliera!
Nous rentrerons dans l'ombre.

Chanté par Léonard Cohen , par Lény Escudero et tant d'autres , la "complainte du partisan" de Bernard/Anna Marly

A bas Mai 68


Chanson du CMDO
"Conseil pour le Maintien Des Occupations"
Alice Becker-Ho / Louis Aragon-Jacques Douai
Mai 1968
.
.
.

Rue Gay-Lussac, les rebelles
N'ont qu'les voitures à brûler.
Que vouliez vous donc, la belle,
Qu'est ce donc que vous vouliez ?

Refrain :
Des canons par centaines,
Des fusils par milliers,
Des canons, des fusils,
Par centaines et par milliers

Dites moi comment s'appelle
Ce jeu-là que vous jouiez ?
La règle en parait nouvelle,
Quel jeu, quel jeu singulier !

Refrain

La révolution, la belle,
Est le jeu que vous disiez.
Elle se joue dans les ruelles,
Elle se joue grâce aux pavés.

Refrain

Le vieux monde et ses séquelles,
Nous voulons les balayer.
Il s'agit d'être cruel,
Mort aux flics et aux curés.

Refrain

Ils nous lancent comme grêle
Grenades et gaz chlorés;
Nous ne trouvons que des pelles,
Des couteaux pour nous armer.

Refrain

Mes pauvres enfants dit-elle,
Mes jolis barricadiers,
Mon coeur, mon coeur en chancelle
Je n'ai rien à vous donner.

Refrain

Si j'ai foi dans ma querelle
Je n'crains pas les policiers.
Il faut qu'elle devienne celle
Des camarades ouvriers.

Refrain

Le Gaullisme est un bordel,
Personne n'en peut plus douter.
Les bureaucrat's aux poubelles,
Sans eux on aurait gagné.

Refrain

Rue Gay-Lussac, les rebelles
N'ont qu'les voitures à brûler.
Que vouliez vous donc, la belle,
Qu'est ce donc que vous vouliez ?

Refrain

Il n'y a pas assez de flics


Au marché de Briv'-la-Gaillarde
A propos de bottes d'oignons
Quelques douzaines de gaillardes
Se crêpaient un jour le chignon
A pied, à cheval, en voiture
Les gendarmes mal inspirés
Vinrent pour tenter l'aventure
D'interrompre l'échauffourée

Or, sous tous les cieux sans vergogne
C'est un usag' bien établi
Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes
Tout le monde se réconcilie
Ces furies perdant tout' mesure
Se ruèrent sur les guignols
Et donnèrent je vous l'assure
Un spectacle assez croquignol

En voyant ces braves pandores
Etre à deux doigts de succomber
Moi, j'bichais car je les adore
Sous la forme de macchabées
De la mansarde où je réside
J'exitais les farouches bras
Des mégères gendarmicides
En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"

Frénétiqu' l'un' d'elles attache
Le vieux maréchal des logis
Et lui fait crier: "Mort aux vaches,
Mort aux lois, vive l'anarchie!"
Une autre fourre avec rudesse
Le crâne d'un de ses lourdauds
Entre ses gigantesques fesses
Qu'elle serre comme un étau

La plus grasse de ses femelles
Ouvrant son corsage dilaté
Matraque à grand coup de mamelles
Ceux qui passent à sa portée
Ils tombent, tombent, tombent, tombent
Et s'lon les avis compétents
Il paraît que cette hécatombe
Fut la plus bell' de tous les temps

Jugeant enfin que leurs victimes
Avaient eu leur content de gnons
Ces furies comme outrage ultime
En retournant à leurs oignons
Ces furies à peine si j'ose
Le dire tellement c'est bas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas
Leur auraient mêm' coupé les choses
Par bonheur ils n'en avait pas

Hécatombe de Georges Brassens

Travailler plus pour gagner plus , le blanc manteau d'églises , la racaille etc.....

LE PÈRE DUCHESNE

Né en nonante-deux
Nom de dieu
Mon nom est Père Duchesne
Marat fut généreux
Nom de dieu
Á qui lui porta haine
Sang dieu
Je veux parler sans gêne
Nom de dieu

Coquin filou peureux
Nom de dieu
Vous m’appelez canaille
Dès que j’ouvre les yeux
Nom de dieu
Jusqu’au soir je travaille
Sang dieu
Et je couche sur la paille
Nom de dieu

On nous promet les cieux
Nom de dieu
Pour toute récompense
Tandis que ces messieurs
Nom de dieu
S’arrondissent la panse
Sang dieu
Nous crevons d’abstinence
Nom de dieu

Pour mériter les cieux
Nom de dieu
Voyez vous ces bougresses
Au vicaire le moins vieux
Nom de dieu
S’en aller à confesse
Sang dieu
Se faire peloter les fesses
Nom de dieu

Si tu veux être heureux
Nom de dieu
Pends ton propriétaire
Coupe les curés en deux
Nom de dieu
Fous les églises par terre
Sang dieu
Et le bon Dieu dans la merde
Nom de dieu

Peuple trop oublieux
Nom de dieu
Si jamais tu te lèves
Ne soit pas généreux
Nom de dieu
Patrons bourgeois et prêtres
Sang dieu
Méritent la lanterne
Nom de dieu !