Jaurès , Blum , Guy Moquet ....
Par michel, jeudi 17 mai 2007 à 08:21 :: Politique sarkozienne :: #73 :: rss

Marx et Bakounine ? Ah non ils sont étrangers , pas français !
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Guy Moquet vient de rejoindre Jaurès et Blum dans les discours du pouvoir.
Plusieurs interprétations possibles pour l'utilisation par Sarkozy de ces classiques de gauche .
On écrit mes discours
La première serait l'insertion dans les discours par celui qui les écrit pour Sarkozy , Henri Guaino , de notions montrant à quel point le "chef de clan" Sarkozy a l'esprit ouvert , en tout cas dans ses discours .Ceux-ci allant de la récupération des voix du Front National ( "on n'a pas assez pris en compte vos idées" ) , a des accents féministes et tiers-mondistes ( Nationalité Française à toutes les femmes martyrisées de par le monde ) jusqu'à des figures tutélaires comme Jaurès ( socialiste chrétien et pacifiste ) Blum ( exercice du pouvoir social et figure du refus à Pétain ) et Guy Moquet ( FTP de 17 ans ) .
Finalement il ne manque dans ses discours que des références à sa propre famille de pensée !
On me décrit comme le chef
La deuxième interprétation serait la suivante , et c'est la que pourrait se dessiner l'analyse des discours et des actes de Sarkozy .Sarkozy semble ne vouloir se mesurer qu'à l'Histoire , ses adversaires actuels n'existent pas pour lui et dans sa propre famille politique il n'y a que lui .
On dessine l'image du chef qui se fait tout seul , qui n'a que des serviteurs ( sens originel du mot ministre ) et qui convie le peuple à le voir agir .
En ce sens il rejoint le symbole du pouvoir absolu que fut Louis XIV , qui invitait voire obligeait tout le monde à le voir se lever et vivre .
Vers la fin du règne de celui-ci , des billets quotidiens trés précis sur son état de santé furent diffusés et son agonie fut quasiment suivie en direct par les français de l'époque .
Analysons notre ego de chef
Troisième interprétation :Sarkozy est dans une pensée magique qui lui fait considérer ces personnages historiques comme des icones , des totems .
Citer leur nom permet de se les approprier , en tout cas de s'en protéger .
Donc , en fonction des citations de Sarkozy , on pourra suivre l'évolution de ses préoccupations :
Jaurès le pacifiste
Blum l'homme de pouvoir
Mai 68 La contestation dans la rue
Guy Moquet La résistance en armes et passée par les armes
Nul doute que cette liste ne s'allonge au gré des humeurs du chef .
Envoi
Face à cette personnalité chancelante , inquiète et toujours soupconneuse , la consommation de symboles sera effrénée , l'hyperactivité soutenue .Quand ce déséquilibre rencontre le besoin d'ordre et de sécurité , il faut s'attendre à des solutions simplistes ( et orientées ) face à des problèmes complexes .
Tout cela habillé du discours lénifiant des laudateurs .
Comme ce matin M. Lellouche ( le bien nommé ) établissant un parallèle entre le gamin de Sarkozy regardant le cordon de grand Croix de la Légion d'honneur et le sens de l'action politique ( style si on fait cela c'est pour ce gamin ) .
Pense t'il déjà à la succession du roi Sarkozy ?
Voila en tout cas un discours qui ira droit au coeur de celui-ci !
Pour mémoire voici la lettre en question :
Lettre de Guy Môquet à la veille de sa mise à mort par les allemands le 22 octobre 1941.Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean. J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !
Biographie de Guy Môquet
Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Pierre-Louis Basse le présente comme un « titi », volontiers gouailleur tout en ne dédaignant pas écrire des poêmes, plaisant aux filles et doué dans les disciplines sportives. Au sprint, son seul rival est Charles Éboué, fils de Félix Éboué .L'arrestation de son père en octobre 1939 est un évènement marquant qui renforce son ardeur militante. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient seul à Paris après l'arrestation de son père, où il milite clandestinement au sein des Jeunesses communistes. Il écrit une lettre au président de l'assemblée Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Avec l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des « papillons » et distribuer des tracts qui reflètent la ligne politique de son parti en été 1940.
Quelle est la teneur de ces tracts ? On y dénonce mollement l'occupation étrangère. C'est surtout la misère qui est épinglée.: « Des magnats d'industrie (Schneider, De Wendel, Michelin, Mercier…), tous, qu'ils soient juifs, catholiques, protestants ou francs-maçons, par esprit de lucre, par haine de la classe ouvrière, ont trahi notre pays et l'ont contraint à subir l'occupation étrangère… De l'ouvrier de la zone, avenue de Saint-Ouen, à l'employé du quartier de l'Étoile, en passant par le fonctionnaire des Batignolles… les jeunes, les vieux, les veuves sont tous d'accord pour lutter contre la misère… ». Ils réclament également la libération des prisonniers communistes.
Guy est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchent les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père . Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré malgré son acquittement au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes généralement arrêtés entre septembre 1939 et octobre 1940. Il est à la baraque 10, la baraque des jeunes où il se lie d'amitié avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui deviendra un des responsable FFI au moment de la Libération de Paris.
Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire-inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français » : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.
Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s'y appuient, refusent qu'on leur bande les yeux et donnent leur vie en s'écriant « vive la France ! ». Guy Môquet est le plus jeune . Il est abattu à 16h00. Avant d'être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents.
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